Les légendes urbaines sont fréquemment recyclées, s'adaptant aux nouveaux lieux et temps, et sont traduites d'une langue à une autre sans difficulté apparente. Ces histoires sont souvent racontées comme étant arrivées à « l'ami d'un ami ». Certaines sont récentes, d'autres sont très vieilles (comme la légende de Beblenheim) et circulaient déjà par courrier postal. Toutes ces légendes forment un folklore ; c'est d'ailleurs ce qui les différencie des rumeurs.
Le plus souvent, les spécialistes attribuent le titre de manière un peu exclusive à des récits qui présentent les caractères suivants :
• la forme narrative (une petite histoire, un récit structuré) ;
• un procédé d'authentification « par la convocation de témoignages, par des indications de mode, date et de lieu, par l'intervention de leur propre autorité » (Berlioz) ;
• le récit propose — à la lecture attentive — un déchiffrement et une interprétation du monde (surtout dans ses aspects les plus perturbants, confondants ou inquiétants).
Les légendes urbaines sont apparentées aux lieux communs et aux idées reçues, en ce qu'elles sont partagées par de nombreuses personnes sans être vérifiées. Elles ont le plus souvent un caractère extraordinaire et/ou mystérieux, mais peuvent être basées sur des faits réels, et, dans certains domaines, peuvent proposer des explications "alternatives" aux thèses officielles (des disciplines développées en marge des sciences expérimentales comme l'ufologie ou la cryptozoologie peuvent inspirer des légendes urbaines, ou inversement s'en inspirer).
Elles apparaissent souvent dans les médias, parfois également d'une manière spontanée à la façon d'une création populaire, mais, dans certains cas, leur diffusion peut parfois être organisée afin de manipuler les foules (en particulier dans des domaines politiquement sensibles: drogue, violence, m½urs, racisme, etc.), un récit pouvant être inventé afin de nuire à un individu, à une entreprise, à un groupe ethnique ou religieux, à un gouvernement, etc. L'on touche alors au thème de la désinformation, lequel dépasse de très loin le cadre des « légendes » et autres anecdotes.
Certains thèmes sont récurrents dans les légendes urbaines (certaines d'entre elles pouvant se référer à plusieurs de ces thématiques):
• la violence, sous diverses formes (meurtre, viol, tortures, etc.) ;
• la biologie humaine, la médecine et les maladies (dont le SIDA) ;
• les technologies, sous leurs aspects les plus inquiétants (chimie, nucléaire, génétique...) ;
• les animaux, et en particulier les espèces considérées comme dangereuses ou effrayantes (serpents, araignées, etc.);
• les personnalités contemporaines (du show-business, de la politique...) et parfois historiques ;
• l'antiaméricanisme : les légendes sur les États-Unis, leurs entreprises (Coca-Cola, Mc Donald's...) et leurs institutions (par exemple, l'organisation des attentats du 11 septembre par les services secrets américains eux-mêmes, qui a été relatée dans l'Effroyable Imposture de Thierry Meyssan); ont souvent un contenu politique, doublé d'une théorie du complot ;
• les sciences occultes et l'ésotérisme.
Les exemples sont si nombreux qu'on les assemble dans des exempliers: on en trouvera un aperçu ici.
La propagation des rumeurs en général et des légendes contemporaines en particulier a été fortement accélérée grâce à la multiplication des moyens de communication et notamment Internet. On craint souvent d'y voir un retour à la croyance à l'irrationnel dans la conscience collective; mais c'est un effet de mode: seule la modernité a laissé croire que l'irrationnel n'était pas moral (cf. les débats sur le positivisme).
En France, on parle aussi de hoax (mot anglais traduisible par « canular ») ou de pourriels pour certains messages propagés par Internet.